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05.04.2019

Renforcer l’égalité des chances des enfants en Suisse grâce à l’encouragement précoce: parution du rapport de la Commission suisse pour l’UNESCO « Instaurer une politique de la petite enfance »

Le Réseau suisse des droits de l’enfant a participé, le 26 février 2019, au lancement du rapport de la Commission suisse pour l’UNESCO « Instaurer une politique de la petite enfance – Un investissement pour l’avenir ». En s’appuyant sur les connaissances actuelles dans ce domaine, la publication montre pourquoi et comment la Confédération, les cantons et les communes peuvent mettre en œuvre une politique complète et coordonnée de la petite enfance telle qu’elle devrait exister depuis longtemps, et comment celle-ci pourrait améliorer l’égalité des chances de tous les enfants.

Le rapport démontre que les expériences intra-utérines et celles des premières années de la vie marquent les humains pour le restant de leur vie. D’où l’importance capitale d’offrir des conditions optimales et égales de développement à tous les enfants, que ce soit au sein de leur famille ou à l’extérieur de celles-ci, dans les offres d’encouragement, d’accueil et de soutien. C’est l’objectif poursuivi par l’éducation et l’accueil des jeunes enfants (EAJE).

L’encouragement précoce est un droit de l’enfant

Le rapport résume la situation de la manière suivante : « Il existe un lien étroit entre l’origine sociale et les opportunités en matière de formation. (…) Etant donné que le développement cognitif, social et émotionnel se met en place durant les premières années de la vie, il est essentiel de soutenir très tôt les enfants issus de milieux socialement défavorisés, de même que leurs familles ».

Ce constat correspond également à ce qui est observé dans le cadre de l’état des lieux sur la situation en matière de droits de l’enfant qui doit déboucher sur le troisième rapport de la Suisse au Comité des droits de l’enfant. Le Réseau suisse des droits de l’enfant constate lui aussi qu’il reste beaucoup à faire en ce qui concerne l’éducation et l’accueil des jeunes enfants. Une attention particulière doit notamment être portée aux enfants issus de familles socialement défavorisées ou de langue étrangère, afin qu’ils bénéficient des mêmes chances de développement et de formation et ne soient pas défavorisés dès leur entrée à l’école. Or, pour ces enfants, l’accès aux institutions d’accueil est considérablement plus difficile. Il est donc essentiel, pour améliorer l’égalité des chances, de soutenir de manière ciblée les enfants et leurs représentants légaux ainsi que de développer l’offre actuelle d’éducation et d’accueil des jeunes enfants.

Malgré les connaissances dont elle dispose sur l’importance de la petite enfance, la Suisse s’investit relativement peu dans ce domaine en comparaison européenne, notamment en matière de congé parentalité, de la réduction des coûts de l’accueil extrafamilial ou de la création de réseaux interdisciplinaires d’accompagnement des familles. Ceci est dû, entre autre, au fait que l’EAJE continue d’être largement compris comme une préoccupation privée et non une tâche publique. Un changement doit s’opérer à ce niveau : la Confédération, les cantons et les communes sont appelés à s’associer aux représentants des milieux professionnels, de la société civile et de l’économie pour mettre en place une politique cohérente et coordonnée de la petite enfance.

En dégageant quatre champs d’action concrets « garantir des offres pour tous ; coordonner et mettre en réseau ; assurer et améliorer la qualité ; financer », la publication « Instaurer une politique de la petite enfance – Un investissement pour l’avenir » illustre comment une politique de la petite enfance peut être construite de manière complète et sans discriminations. Une politique qui, selon le rapport, ne bénéficie pas uniquement aux enfants et à leurs familles, mais à l’ensemble des institutions de l’Etat, à la société et à l’économie.

Plus d’informations sur l’EAJE en Suisse :