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05.04.2016

La consommation de substances psychoactives chez les jeunes Suisses

L’étude internationale sur les écoliers et les écolières HBSC (Health Behaviour in School-aged Children) donne, à côté d’autres thèmes touchant à la santé, des indications sur la consommation de substances psychoactives légales (alcool, nicotine) et illégales (cannabis) des jeunes en Suisse.

Selon le rapport de WHO, les jeunes Suisses se situent légèrement sous la moyenne internationale en ce qui concerne la fumée. 11% des garçons de 15 ans et 9% des filles du même âge en Suisse indiquent fumer au moins une fois par semaine (moyenne internationale des deux sexes confondus : 12%). En ce qui concerne l’alcool les jeunes Suisses se trouvent dans le tiers inférieur : 11% des garçons et 6% des filles du même âge boivent de l’alcool au moins une fois par semaine. La moyenne internationale se situe à 13%. En revanche, les jeunes Suisses sont plus actifs dans la consommation de cannabis : 29% des garçons de 15 ans et 19% des filles du même âge déclarent déjà avoir fumé un joint (moyenne internationale : 15%). 15% des garçons de 15 ans et 9% des filles du même âge ont déclaré dans l’étude avoir fumé un joint au cours du mois dernier (moyenne internationale : 7%).

Par rapport à l’enquête précédente datant de 2014 la consommation d’alcool et de tabac des jeunes de 15 ans en Suisse a diminué. La consommation de cannabis au cours des 30 jours précédent l’enquête n’a elle pas diminué, en revanche le nombre de jeunes déclarant avoir déjà fumé un joint dans leur vie a diminué par rapport à 2010.

Selon la Convention internationale relative aux droits de l’enfant les Etats parties prennent « toutes les mesures appropriées, y compris des mesures législatives, administratives, sociales et éducatives, pour protéger les enfants contre l’usage illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, tels que les définissent les conventions internationales pertinentes (…) » (art. 33).

La combinaison actuelle d’une interdiction du cannabis et de mesures de prévention étatiques simultanées n’a jusqu’à présent pas abouti à ce que les jeunes fument moins de joints lors des dernières années. On peut donc se demander si la politique des addictions actuelle en Suisse est réellement adaptée à cet égard ou si des ajustements devraient être examinées. L’accès des jeunes à des offres de prévention, identification et intervention précoce ou encore de réduction des risques est par exemple rendue plus difficile s’ils doivent craindre des poursuites ou des sanctions de manière générale. Pour cette raison ils ne parleront par conséquent pas de leur consommation de substances avec des personnes de référence, des professeurs, des supérieurs ou des travailleurs sociaux ou ne chercheront pas de bureaux conseil.  

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