03.07.2012

Les boîtes à bébés violent-elles les droits de l’enfant

Au regard des droits de l’enfant, les boites à bébés sont hautement discutables. La tolérance étatique face à l’expansion des offres, qui se développent dans une zone juridique grise, menace la protection de droits de l’enfant de base.

La seconde boite à bébés de Suisse a été mise en service à Davos. D’autres projets sont apparemment examinés. Cette installation est hautement discutable au regard des droits de l’enfant, ce qui n’est pas abordé dans le débat public qui entoure la question. Dans les faits, les boites à bébés ne contribuent pas à la diminution des infanticides ou d’abandons d’enfants. En outre, se pose la question de la balance entre le droit à la vie et au développement (art. 6 CDE) et la droit de l’enfant à connaître son identité et à entretenir des relations avec ses parents (art. 7 et 8 CDE).

Le Conseil de l’éthique allemand a recommandé en 2009 sur la base d’arguments détaillés de renoncer aux boites à bébés. Terre des hommes Allemagne a demandé, suite à une recherche de l’institut allemand de la jeunesse, l’interdiction des boites à bébés ainsi que de leur publicité aussi longtemps que la question n’est pas réglée de façon satisfaisante sous l’angle juridique. Le Comité des droits de l’enfant a recommandé en 2011, dans les observations finales adressées à la Tchéquie, de stopper le programme de mise en place de boites à bébés.

En créant des boites à bébés, la Suisse s’expose grandement à la critique. Le Parlement ne prévoit aucune nécessité d’action et n’a pas donné suite en 2009 à une initiative parlementaire à ce sujet. L’élargissement de l’offre et les recherches récentes approfondies font que ce point de vue n’est pas soutenable. La tolérance étatique face à ce développement dans une zone juridique grise menace la protection de droits de l’enfant de base.


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